ABSTRACTS
Jenny Raflik (Université
de Paris 1-Panthéon-Sorbonne)
Les dissensions franco-américaines face à la guerre indochinoise
de la France, 1946-1954
Dans
les premières années de l’après-guerre, les
Etats-Unis s’intéressent peu aux événements
d’Indochine, sinon pour les condamner dans une optique anti-colonialiste
traditionnelle.
Ce n’est qu’à partir de 1950 que la situation évolue.
Le glissement de la perception du statut de la guerre d’Indochine,
dont les décideurs français parviennent à effacer
le caractère colonial devant le caractère international,
incite Washington à accorder son aide à la France, une aide
qui devient rapidement aussi vitale qu’insupportable pour Paris.
Désormais, les deux alliés sont engagés officiellement
dans une lutte commune contre le communisme en Asie du Sud Est, en Indochine,
et en Corée.
Pourtant, si entre 1950 et 1952 Paris semble prêt à tout
pour obtenir cette aide, à partir de la fin de l’année
1952, la contribution américaine devient oppressante, et les ingérences
sont de plus en plus mal vécues. Si bien que malgré une
résolution du Conseil atlantique en 1952, les tensions et les critiques
se font de plus en plus vives de part et d’autre de l’atlantique.
La crise franco-américaine de 1954, après la chute de Dien
Bien Phu et l’échec de la mission Ely à Washington,
crise entérinée par le rejet de la CED le 30 août,
est donc l’aboutissement de tensions anciennes sur le conflit indochinois.
Il s’agit alors de déterminer la profondeur de ces tensions
franco-américaines, s’inscrivant dans un complexe cycle d’aide,
de dépendance, et de sursaut national français, en mettant
en avant les divergences entre deux pays qui ne cessent pourtant pas d’être
alliés contre le communisme, en Asie comme en Europe. |