L'univers
romanesque de Marie Nimier témoigne d'une narrativité rocambolesque, d'une
hybridité générique, et de la mise en place d'un réalisme fantasmé et
raconté par des voix narratives variées et amusantes. Le thème de la paternité
littéraire y joue un rôle important, bien qu'en filigrane dans les textes.
A partir de la notion freudienne du pervers que Julia Kristeva évoque
et approfondit dans Le Génie féminin (vol. 3) au sujet de l'oeuvre
de Colette, j'aimerais explorer le sens du pervers, ou père en vers, chez
Marie Nimier, fille de Roger Nimier, mort en 1962 quand elle n'avait que
5 ans. En particulier, on peut discerner dans certains des romans de Marie
Nimier la quête d'un nom de père sous forme d'enquête policière. Dans
un renouvellement du genre du roman policier, Nimier mélange l'herméneutique
(la déduction raisonnée de la détective, le symbolique) et l'affectif
(l'intuition, le sémiotique) réalisant un polar sentimental et autobiographique
qui s'apparente à la cure psychanalytique. Y joue le mythe d'Oedipe comme
moteur de la recherche.