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ABSTRACTS

Samira Hassa (University of Illinois at Urbana- Champaign)
De l’Avenue de France au Boulevard Hassan II :
50 ans de transformation dans les dénominations de l’espace urbain de Fes (Maroc)

Dans cette étude, j'analyserai, d'un point de vue toponymique et socioculturel, le développement de l'espace urbain de la Ville de Fes (Maroc), cité moderne et médiévale -française et arabe-à la périphérie de l'espace post-colonial français.

Construite en 808, la ville de Fes jouit d'un fort héritage historique. Divisée en un "quartier européen", la Ville Nouvelle, et un "quartier indigène", la Médina, la scission entre les deux espaces se reflète bien dans le choix des noms des rues : majoritairement français dans la Ville Nouvelle, et arabe dans la Médina. Cette division entre espace pré-colonial et colonial est si évidente que Tahar Benjelloun, écrivain marocain, déclare que la ville de Fes « se trouve à présent ensevelie dans les couches de l'oubli. Le protectorat a d'abord tenté de la dédoubler en la reléguant aux couffins de la différence: il a crée une ville à son image à huit mille mètres de l'ancienne, dans la tradition de la laideur coloniale. »

Un examen minutieux de l'histoire des dénominations des rues de Fes à quatre époques différentes (plans de 1933, 1953, 1970, et de 1986) révèle des dimensions cachées dans le paysage urbain et culturel des deux parties de la ville. Une comparaison des plans historiques de la ville semble attester d'une forte tendance à l'arabisation des noms de rue dans la Ville Nouvelle, pouvant être mis en rapport avec la politique linguistique officielle de promouvoir la langue arabe, mise en place au Maroc au lendemain de la fin du Protectorat en 1956. Cette « réinscription » de l'identité d'un pays indépendant dans son espace urbain semble être également reflétée dans l'usage quotidien des langues.

Alors que l'arabisation des toponymes peut être encore interprétée comme une affaire de décrets et d'application de lois linguistiques-voire même un artéfact de la politique d'édition des plans de la ville-la prédominance croissante de l'arabe dans les usages quotidiens, et la réduction conséquente de l'usage du français, suggère la diminution du prestige « de l'ex-colon » dans le paysage urbain de Fes.



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