Le peuple algérien survit mal entre militantisme intégriste et militarisme bureaucratique. Mais ses aspirations démocratiques se font entendre. Comment, alors, sortir de l'engrenage ? Comment mettre à portée de bras une Algérie unie dans l'espoir pour qu'elle soit accueillie dans la communauté des nations ? Comment les formations démocratiques peuvent-elles espérer gagner et s'assurer de la confiance du peuple pour devenir dans une pratique continue leurs avocats ? - Elles ne pourront porter cette caution que lorsqu'elles auront abandonné deux langues qui ne parlent aucunement au peuple : les langues d'élites et la langue de bois.
L'hypothèse que je propose est de repenser le rapport à la langue parlée par la majorité des Algériens et d'explorer les possibilités concrètes d'une codification de l'arabe dialectal algérien - ce créole formé d'arabe standard, de français et de kabyle. Un avenir moral et modéré pour les Algériens me semble se profiler dans certains travaux de Rachid Boudjedra et de Denis Guénoun : ce sont ces travaux qui appuieront mon hypothèse pour sortir l'Algérie du cycle violent.