Tous
les mois de septembre, ou presque, Amélie Nothomb pond son petit roman
d'une centaine de pages promettant un nouveau voyage aux enfers à ses
lecteurs qui, en quelques années seulement, se sont déjà constitué en
tribu. Ses livres tiennent du rituel; il s'agit, sous une forme ou une
autre, de l'exploration des moches et des méchants auxquels, qu'on le
veuille ou non, le lecteur (mais le plus souvent la lectrice) est bien
forcé de s'identifier. L'art de Nothomb est là : une prose imbibée de
vitriol qui fait pénétrer la lectrice au cœur de la laideur et en révèle
la complexité. Sous la plume de Nothomb, il ne fait aucun doute que, bien
que repoussante, la laideur séduit. On s'en méfie mais on s'y brûle les
ailes. Basée sur trois de romans de Nothomb : Stupeurs et tremblement,
La Métaphysique des tubes et Péplum, cette communication explorera
la représentation narrative de la laideur, son instabilité narrative et
les processus d'identification mis en jeu par la romancière. Finalement,
nous nous interrogerons sur la place que Nothomb donne à la laideur dans
la société de consommation contemporaine.