L'économie globale affecte aujourd'hui tous les cinémas dits "nationaux". Dans une ère où Hollywood dicte les règles du marché, les films sont trop souvent des marchandises à succès global instantané mais éphémère. Par ailleurs, sinon pour soutenir la diversité locale des cinémas dans le contexte global, du moins afin d'établir son hégémonie sur le marché global, Hollywood a inventé, dans les années 90, le concept alléchant de "film international". Néanmoins, le "film international" se contente surtout de promouvoir un commentaire hollywoodien sur les films nationaux, et de reléguer les cinémas considérés trop locaux à la périphérie du marché. Paradoxalement, des cinémas de la périphérie, dont un certain cinéma français actuel, jouent avec dextérité le jeu du marché global sans que le local y succombe, et proposent ainsi une réelle alternative au cinéma de Hollywood : un cinéma transnational.
Dans notre ère postmoderne, le cinéma transnational prend de nombreux
visages. Mais l'alternative qu'il propose dépasse toujours le simple commentaire
et crée en revanche l'hypertexte de cinémas nationaux. A travers les films
du réalisateur français Christophe Gans, le cinéma transnational français
emprunte, par exemple, divers aspects au cinéma de Hong Kong qui jouent
un rôle notable dans son sens et son économie visuelle. Les films de Christophe
Gans sont largement inspirés du Wuxia Pian (film de cape et d'épée)
de Hong Kong. Avec l'aide de cet exemple, cette communication tracera
l'évolution de l'esthétique postmoderne du cinéma transnational français.
En transcendant l'auteurité de ses films et en créant l'hypertexte des
nombreux films asiatiques qu'il admire, Christophe Gans influence en effet
la renaissance d'un cinéma d'attraction français.