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ABSTRACTS

Matthieu Dalle (University of Louisville)
Dominique A, ou les dents de velours de la ? nouvelle chanson française?

De Remué, le quatrième album de Dominque A, sorti en 1999, le critique Arnaud Viviant a écrit qu’il est « [s]ans soute une des critiques françaises les plus radicales jamais faite sur disque à la vie ». Ceux qui ne connaissent de l’auteur-compositeur-interprète nantais que « Le Twenty-two bar », anecdotique chansonnette qui, l’été 1995, fit le bonheur des programmateurs musicaux des grandes stations de radio, seront surpris—comme le seront ceux qui, plus largement, s’intéressent aux jeunes artistes qu’une certaine presse a regroupés sous l’étiquette de « nouvelle chanson française ».

De Mathieu Boogaerts à Vincent Delerm, en passant par Benjamin Biolay ou Dominique A lui-même, les artistes emblématiques de ce courant se sont en effet distingués par leurs mélodies dépouillées et leurs textes simples, chroniques d’un quotidien banalisé qu’on ne cherche guère à (ré-)inventer, tranches de vie d’individus évoluant au sein d’une société de consommation à laquelle ils se sont accommodés et qu’ils ne sauraient remettre en question. La « nouvelle chanson française » évoluerait donc à cent lieues des perspectives critiques de Guy Debord ou de Michel de Certeau, pour ne citer qu’eux.

Viviant nous encourage à prêter une oreille plus attentive à Dominique A. Et l’on se rend compte, au fil des écoutes, que le détachement n’est que feint. A des degrés divers, les cinq albums de Dominique A (La Fossette, 1991 ; Si je connais Harry, 1993 ; La Mémoire neuve, 1995 ; Remué, 1999 et Auguri, 2001) sont des œuvres engagées. L’artiste s’y fait la voix d’une contestation socio-politique qui n’est ni celle, anarchisante, de Brel, Brassens ou Ferré ; ni celle de l’aliénation sociale et culturelle que l’on retrouve dans le rap ; ni celle de la tradition anti-libérale revendicatrice de groupes de rock tels Téléphone dans les années 80 ou Noir Désir dans les années 90. Il s’agit d’une contestation socio-politique qui n’apparaît qu’en filigrane—chuchotée mais pas moins acerbe pour autant.



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