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ABSTRACTS

Anny Dominique Curtis (University of Iowa)
Exotisme ou dé/sacralisation dans les chroniques coloniales des années 1930 et la littérature antillaise contemporaine.

Le phénomène magico-religieux martiniquais et guadeloupéen né au XVIIe siècle de la mise en contact de peuples d'origines ethniques et de mentalités religieuses différentes est aujourd'hui, une pratique culturelle créole dont la spécificité est une intersémiotique du Quimbois (phénomène magique), du Catholicisme et du culte indien.

Ce phénomène culturel a beaucoup retenu l'attention de chroniqueurs, ethnographes, colons, missionnaires. La curiosité, à propos de l'étrangeté des phénomènes observés, l'obsession de la relation (relater d'une manière précise) et de la compréhension de l'Autre, l'idéologie coloniale ethnocentrique ont influencé le discours de ces récits, qui ont souvent diabolisé à la fois les pratiques religieuses antillaises et les Antillais.

L'autorité ethnographique occidentale qui imprégnait ces relations de voyages, a été au cœur des préoccupations de Fernando Ortiz (Etnia y sociedad) de Roger Bastide, (Le Sacré sauvage), et plus récemment d'Édouard Glissant qui en forgeant le couple notionnel transparence /opacité articule les contours d'une autre forme de relation interculturelle.

A partir d'une relecture des chroniques de voyages de Marthe Oulié, Les Antilles filles de France (1935) et d' Odette Arnaud, Mer Caraïbe (1934) ainsi que des romans d'Ernest Pépin L'homme au bâton, (1992) et de Gisèle Pineau La grande drive des esprits, (1993), cette communication a pour but d'observer comment ces textes, bien qu'ils formulent des idéologies discursives opposées, problématisent le rapport à l'Autre, l'élaboration d'un dialogue culturel, ainsi que la complexe représentation d'une pratique culturelle dans un espace textuel.

Oulié et Arnaud décrivent certes le phénomène magico-religieux antillais qui leur est étranger à partir d'une distance subjective déterminée par leur expérience ethno-culturelle européenne. Cependant, dans le souci d'inscrire leurs récits de voyage dans la problématique plus vaste des relations à l'Autre, sous quel angle convient-il de lire les descriptions détaillées de leurs rencontres avec des informatrices-pratiquantes antillaises?

Pépin et Pineau, offrent à l'Autre non-antillais leur vision d'une réalité religieuse qu'ils ont vécue et qui a façonné leur imaginaire. Parviennent-ils à déconstruire la vision monologique occidentale des chroniques de voyage pour proposer d'autres types de dialogues culturels? En récrivant leur culture ne deviennent-ils pas aussi des observateurs externes, créateurs d'un texte littéraire produisant un discours polyphonique, qui se fait l'écho d'une autre parole que l'on ne peut clairement identifier?

Que devient une pratique culturelle, une fois qu'elle a été absorbée et recomposée dans le texte, perd-elle de sa spécificité, son opacité? À cet effet, il conviendra de réfléchir à la valeur sémantique du terme exotisme et de l'élargir à l'aide de la notion de dé/sacralisation.



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