A
la page 40 de L'Avenir (POL 1998), à l'ouverture du chapitre intitulé
« Personnage », Camille Laurens écrit :
« C'est une femme
d'une trentaine d'années, un peu plus peut-être. Elle s'appelle Camille
parce que ses parents
attendaient un garçon. »
Sur la Quatrième de couverture de Dans ces bras-là (POL, 2000), on lit
:
« Je suis l'homme.
N'est-ce pas merveilleux ? Un homme qui s'avance et qui dit : je suis
l'homme. Il faudrait pouvoir
se planter en face, yeux dans les yeux, et dire : je suis la femme. »
Laurence Ruel refuse l'étiquette féminine que son vrai prénom projetterait
sur son travail et donc signe ses romans du pseudonyme épicène Camille
Laurens. Entre les couvertures de ses livres, elle cherche souvent à brouiller
les rôles accordés aux hommes et aux femmes dans les jeux de séduction,
notamment en accordant le rôle actif de poursuiveur à la femme, qui prend
la décision d'agir et de séduire. Index et L'Avenir s'ouvrent
explicitement sur une rencontre qui changera la vie de l'un ou l'autre
des deux personnages : « Il allait changer sa vie, mais elle ne
le savait pas, » (Index, POL, 1991) et « il va changer
ma vie. […] c'est moi qui va changer sa vie » (L'Avenir).
Dans le labyrinthe de personnages et histoires récurrents qui forment
le corpus littéraire de cette écrivaine, cette communication s'intéressera
dans un premier temps à la mise en scène des relations sexuelles chez
Laurens, pour ensuite s'interroger sur ce qui se révèle et ce qui se cache
dans cette conception de la sexualité. Elle cherchera à élucider les ressemblances
et divergences, les triomphes et les défaites, les libérations et les
pièges.