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ABSTRACTS

Peter Constenstein (Burough of Manhattan Community College)
Perec et Garrétta: Tu m'es qui je suis

Dans Un homme qui dort (Paris : Denoël, 1967) de Georges Perec et dans Pas un jour (Paris : Grasset, 2002) d'Anne Garrétta, le pronom personnel "tu" domine; les narrateurs s’adressent toujours à un « tu » qui es(t) à la fois eux-mêmes et le lecteur. Ces deux récits, autobiographiques jusqu'à un certain point, sont fort différents. Dans Un homme qui dort, il s’agit d’un étudiant qui ne se présente pas aux examens et qui, ensuite, s’enferme, littéralement et figurativement. Dans Pas un jour l’auteure raconte, selon une méthode fort oulipienne, quelques-unes de ses relations lesbiennes. Si d’un côté Perec offre aux lecteurs un personnage qui se refoule, Garréta offre à ses lecteurs une prise privilégiée de sa vie intime. L’objet de cette étude est de cerner comment l’emploi du pronom personnel « tu » fait qu’il y ait des similarités entre les deux récits.

Pourrait-on, puisque les deux auteurs sont membres de l'Oulipo, considérer l'emploi de "tu" une contrainte littéraire? Si c’est ainsi, la nature neutre d’une contrainte littéraire se révèle ; la contrainte elle-même facilite l’expression de deux récits, deux vies, voire deux objectifs, différents. L’emploi de « tu » crée-t-il, chez le lecteur des deux récits, une expérience similaire ? À cause de l’emploi de « tu », les auteurs ont-ils forcément écrit une " autobiografiction" (titre d'un colloque à British Comparative Literature Association & Goldsmiths College, le 8-10 septembre, 2003), un "récit autobiographique", comme le veut Jacques Roubaud, ou bien s'agit-il des narrateurs qui veulent bien, tout simplement, s'engager dans des discussions avec eux-mêmes? De toute manière, on voit bien que ces deux auteurs, appartenant à deux époques et engagés dans deux problématiques fort contraires, réussissent à défaire un genre littéraire et, du même coup, à engager, même à impliquer, le lecteur dans l’acte d’écrire :« Tu » innove(s) sur la construction d’un genre tout comme « tu » donne(s) accès à une multitude de questions réfractives.



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