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ABSTRACTS

Stéphanie Boulard (Emory University)
Hélène Cixous : la porte ou les stigmates d’une perte

Le lieu de naissance de l’écriture d’Hélène Cixous est celui de la perte : « Mon écriture est née en Algérie d’un pays perdu, de père mort et de mère étrangère. Chacun de ces traits qui peuvent sembler de chance ou de malchance sont devenus causes et chances de mon écriture », écrit-elle, en effet, dans Chemin d’une criture. Une écriture, dès lors, qui est le chemin à reconquérir, une expérience d’errance douloureuse en proie à l’injonction double et conflictuelle de l’être et du langage, de la mémoire et de l’oubli, pour qu’enfin le travail du deuil, non dialectisable, soit accompli. Hélène Cixous écrit ainsi, dans Les Rêveries de la femme sauvage : « A l’origine, le geste d’écriture est lié à l’expérience de la disparition, au sentiment d’avoir perdu la clef du monde, d’avoir été jeté dehors. D’avoir acquis du coup le sens précieux du rare, du mortel. D’avoir à retrouver, d’urgence, l’entrée, le souffle, à garder la trace. Nous devons faire l’apprentissage de la mortalité. » Ou vouloir garder la trace revient à vouloir retrouver ce qui a été oublié: la clef du monde, celle qui ouvre la porte du Paradis perdu, du pays perdu – l’Algérie.
La porte, dans l’œuvre d’Hélène Cixous, est l’ouverture même, ce lieu de passage par où l’on accède à une région, un pays, ou à l’autre région, l’autre pays… celui de l’écriture! D’une ouverture à la mémoire qui est l’obsession consistant à vouloir retrouver la trace de ce qui est perdu : comme un leitmotiv, dans Les Rêveries de la femme sauvage, une phrase ouvre et poursuit le roman de ce désir : « je voulais que la porte s’ouvre. » Et pour l’ouvrir, cette porte de l’écriture, et par la même occasion la porte du texte d’Hélène Cixous, une seule chose à faire: interroger le corps de ses mots qui portent à rêver l’acte mémoriel par l’opération d’écriture qui inclut celle de nomination.



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