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Kathleen Gyssels (University of Antwerp)
Wilson Harris et Edouard Glissant, deux Isolés soleils ?
Palace of the Peacock et La Lézarde comme explorations du trépied conceptuel (créolisation, H/histoire, 'cross-cultural imagination')
Edouard Glissant et Wilson Harris sont rarement comparés et pourtant plusieurs convergences se manifestent dans leurs oeuvres respectives, tant fictives que non fictives. Ainsi, un trépied conceptuel suffirait pour attester de leurs préoccupations esthétiques et éthiques communes dans une écriture postcoloniale caribéenne : l'Histoire comme névrose, la créolisation et l'imagination multiculturelle ou « cross-cultural imagination ». Une relecture de leurs débuts respectifs me permettra de montrer trois confluences, tant l'image de la rivière symbolise dans l'un et l'autre début l'épineuse traversée du passé caribéen et la quête d'une embouchure, d'un avenir collectif. Les « détours » sinueux à se constituer une communauté caribéenne, vu la hantise du passé, l'exploration du paysage tropical comme constituant de l'être, et enfin un métissage mythologique et narratologique (confusion des voix et indécision quant aux narrateurs) ne sont que trois éléments qui se dégagent des incipits de Palace of the Peacock (1960) et La Lézarde (1958). J'en conclurais que le rift linguistique reste la plus grande barrière dans la caribéanité¨*, que ce soit dans la théorie ou dans la critique, plus spécifiquement le plus grand barrage dans l'approche comparatiste.
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