|
Pierre-Philippe Fraiture (Oxford Brookes University)
Le sujet du discours chez VY Mudimbe
Valentin Yves Mudimbe demeure l'un des commentateurs les plus incisifs du fait culturel centrafricain. Dans cette communication, je rappellerai l'apport intellectuel du polygraphe congolais dans les domaines de la poésie, du roman et de l'essai. Dans ce parcours, je soulignerai d'abord la réflexion que Mudimbe pose sur les nombreuses interférences entre le substrat culturel bantou ou centrafricain, d'une part, et le christianisme ou le marxisme, d'autre part. Dans une deuxième phase, je me pencherai sur quelques-uns de ses essais principaux - L'Odeur du père (1982), The Invention of Africa (1988) et Les Corps glorieux des mots et des êtres (1994). Dans cette analyse, je mettrai en évidence le dialogue que Mudimbe engage avec la pensée poststructuraliste et notamment avec le concept de formation discursive tel qu'il fut défini par Michel Foucault. A côté de cette filiation poststructuraliste de l'ouvre, cette analyse s'emploiera aussi à mettre en exergue l'inclination sartrienne du corpus mudimbéen. D'abord, cette propension existentialiste lui permit dans L'Écart (1979) - roman qui se trouve être la transposition ou le bricolage africain de La Nausée - d'articuler sa critique de l'anthropologie (sous sa forme africaniste) et de toutes les authenticités identitaires induites par la négritude ; ensuite, de prendre ses distances par rapport à Foucault et d'annoncer, par le biais des notions sartriennes de 'choix', de 'projet' et de 'liberté', la résurrection du 'sujet'.
|