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Charles Bonn (Université Lyon 2)
Quelle prise en compte de l'histoire coloniale et postcoloniale dans l'approche des textes littéraires algériens francophones? Les apports et les limites d'une théorie postcoloniale qui n'arrive décidément pas à s'imposer en France
La théorie post-coloniale, devenue le parcours obligé aux Etats-Unis pour aborder les littératures francophones, elles-mêmes souvent devenues la porte d'entrée unique pour l'étude de la littérature française classique, réclame une meilleure prise en compte de l'histoire, coloniale ou post-coloniale, dans l'approche des textes littéraires issus de ce que Bourdieu appelle la "périphérie" et leur rapport au "centre". Cette revendication est assurément justifiée, comme on le montrera. Mais précisément cette prise en compte de l'histoire dans le fonctionnement littéraire réserve des surprises, car le face à face n'est pas là où on l'attend, et de plus le postmodernisme dans lequel nous vivons actuellement relativise grandement le raisonnement binaire sur lequel repose cette approche, grandement tributaire de l'apport de théoriciens comme Fanon qui, s'il prenait sens dans les années soixante, est aujourd'hui pour le moins relayé par des réflexions plus récentes. Dès lors cette théoris post-coloniale, si elle réclame à juste titre la prise en compte de l'histoire dans l'approche littéraire, n'en oublie-t-elle pas quelque peu sa propre insertion historique?
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