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ABSTRACTS

Maeva Vincensini (Tulane University)
"Ne me quitte pas des yeux!": persistance de la perception dans Film

    En intitulant son film Film, Beckett jette les bases d'une œuvre méta cinématographique, entièrement basée sur les problématiques de l'œil et de la perception. Ainsi sont mis en exergue tous ces liens entre le percevoir, le perçu et l’être perçu: ce film permet, dès lors, la constitution d'une chaîne perceptive, de l'œil de la caméra à l'œil du spectateur, qui, lui-même, se voit observer l'écran. Et, c'est à la fois l'œil de la caméra et celui du personnage principal, interprété par Buster Keaton, qui sont portés à l'écran. Ce personnage tente, en effet, d'échapper à sa propre perception, qui fusionne, en réalité, avec l'objectif de la caméra. Tout cela ne sera que vaine compulsion: il n'y a plus d'image possible lorsqu'il se découvre, finalement, prisonnier de son propre regard.

    Beckett rappelle sans cesse au spectateur qu’il n’est que le percevant d’une série d’images. L’intitulé même du film, les mouvements de la caméra, l’état physique du personnage, dont la vision monoculaire rappelle l’œil de la caméra: tout suggère à la fois l'œil, le concept de perception et, donc, de mise en abîme cinématographique. Le problème est alors de savoir dans quelle mesure l'œil peut donner lieu à un méta cinéma. En quoi l’œil de la caméra et celui du spectateur peuvent-il tout signifier à l’écran ? Comment le concept filmique se raconte t-il dans Film?




"Sa naissance fut sa perte"… et sa perte, sa naissance: désagrégation et redéfinition de l'espace scénique beckettien

    Le lever de rideau révèle, chez Beckett, une scène vide de décor, d'accessoires et de sens. Le néant, qui menace puis gagne chaque recoin de la scène, travaille aussi la langue de l'intérieur. Le théâtre n'est plus le lieu du double espace d'énonciation dès lors que les mots, impuissants, empêchent le personnage beckettien de s'adresser à tout autre personnage présent sur scène et au public. La désintégration de la voix, qui mène finalement au silence, nous force alors à reformuler le concept de scène, présupposé lieu de déclamation. L'espace scénique, désertique et silencieux, est aussi celui de l'aporie du dialogue et de l'action: un espace vide est à combler, un temps, vide de sens, à occuper.

    L'anéantissement de l'espace scénique permet, cependant, d'ouvrir la voie à sa propre redéfinition. Ainsi, le théâtre beckettien se raconte sur scène, faisant de ce lieu même un miroir, sur lequel sont grossis de minimes faits et gestes. D'autre part, la scène tend à s'étaler de l'autre côté de ce miroir, où se tiennent les spectateurs, alors invités à tenir le rôle d'acteur. C'est dans un espace scénique atomisé que le rôle du spectateur-acteur prend forme pour venir à combler le vide laissé par le rien. La redéfinition de cet espace scénique passe par un renversement des rôles: les personnages s'ennuient sur scène tandis que l'on impose aux spectateurs d'occuper cette même scène, de contrebalancer le néant, gagnant chaque recoin de l'espace et du langage.



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