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ABSTRACTS

Pierre Taminiaux (Georgetown University)
La critique de la critique comme écriture de la chose

Dans ma présentation, je me concentrerai sur le travail critique de Beckett, en particulier sur sa conception originale de l’art moderne, telle qu’elle apparaît dans son texte intitulé Le Monde et le pantalon, consacré à la peinture des frères Van Velde et publié par les éditions de Minuit en 1989, soit l’année de sa mort. En considérant que le postmodernisme, dans sa dimension théorique, a essentiellement mis en question les modes traditionnels de lecture de la création, qu’elle soit littéraire ou picturale, de manière à relativiser ou même à fragiliser l’autorité du discours critique et de son auteur, je me permettrai de souligner combien l’approche beckettienne de l’art, pourtant délibérément inscrite dans le projet radical du modernisme pictural, emprunte à cette sensibilité tout en l’anticipant avec plusieurs décennies d’avance. Ce texte, en effet, fut écrit à la fin de la deuxième guerre mondiale, à l’occasion de deux expositions des frères Van Velde à Paris.

Beckett s’efforce ici de composer un modèle unique d’écriture qui repose sur un scepticisme profond à l’égard de la critique d’art académique et institutionnelle, qu’elle soit vouée à l’art classique ou moderne. Il exprime ainsi un doute fondamental et presque existentiel devant le rôle du savoir dans le regard sur l’oeuvre d’art, selon une exigence de l’humain et de sa présence à la fois dans la peinture et dans sa réception. La conscience de la forme, en ce sens, naît nécessairement d’un dépassement des langages et des codes associés à l’histoire-même de la pensée critique occidentale. En conséquence, elle débouche sur une négation du sens critique au nom d’une souveraineté commune de l’être et de l’oeuvre dans leur affirmation esthétique, sans pourtant enfermer le discours dans une pure posture nihiliste.

Dans cette perspective, je m’efforcerai de montrer que ce doute essentiel envers le discours de la critique d’art renvoie chez Beckett, au sentiment d’un non-pouvoir de la critique dans son ensemble (et notamment de la critique littéraire, qu’elle soit universitaire ou journalistique). Le mot: écriture, tel que je l’emploie ici dans le titre de ma communication, implique donc sans équivoque une manifestation brute et j’oserais dire sauvage du langage et du regard qui reflète parfaitement l’esprit de la démarche picturale ‘spontanée’ et crue des frères Van Velde. Une telle écriture a pour objet privilégié le monde de la chose, que seule la peinture, d’après ce texte, semble pouvoir appréhender. La chose n’est pourtant, chez Beckett, ni la pure représentation de la nature, comme chez Ponge, ni la substance propre de l’espace du neutre, comme chez Blanchot. Dans mon analyse, je tenterai plutôt de la définir, en opposition à ces deux écrivains, comme ce qui reste à écrire et à voir au terme de toute écriture et de tout



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