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ABSTRACTS

Isabelle Ost (Université catholique de Louvain (UCL), Belgique)
Le langage de l’image : réponse de Beckett au traitement médiatique du visuel, à la lumière d’une rencontre avec Gilles Deleuze

    A l’ère de ce que Walter Benjamin a appelé « la reproductibilité technique », les médias modernes – ceux de l’image notamment – transforment les dispositifs de représentation et, partant, les logiques de discours, ainsi que la position du sujet qui les tient. Or il ne fait aucun doute que la littérature et les arts visuels ont une réponse à construire face l’émergence de ces nouveautés. Samuel Beckett en l’occurrence : précisément, il se trouve que des recherches récentes sur ses œuvres télévisées et cinématographiques – en écho à ses récits en prose, ce qui assure l’entière cohérence de ses productions – ont ouvert un champ très prometteur dans les études beckettiennes. De telles recherches permettent en effet de dégager le contraste entre, d’une part, la reproduction technique et sérielle d’images dont parle Benjamin, qui engendre l’aliénation du sujet – son rejet hors du centre du processus de représentation, comme pièce quelconque de la machine –, et, d’autre part, le traitement que propose Beckett de la caméra et de l’image. En particulier, j’essaie de décrire le fonctionnement de son processus de création d’une image unique – et cependant nécessairement brouillée –, après l’épuisement du réel et la tentative de rejoindre le vide : or cette image forme un « presque rien » qui paradoxalement déconstruit la représentation du vide et en soutient toutefois la constitution. (En anglais, on jouera ainsi sur la divergence sémantique entre void et nothingness). In fine, cette esthétique du visuel chez Beckett peut être perçue comme un contrepoint à la standardisation galopante de l’image, ainsi qu’une réflexion de nature ontologique sur les dangers de la perception.

    Afin de mieux cerner le fonctionnement de la « machine » beckettienne, notamment son rapport à l’image et à la vision, je suis convaincue que la philosophie de Gilles Deleuze fournit un outil extrêmement précieux : loin de proposer une méthode applicable universellement à toute écriture, cette philosophie de la littérature permet de cerner de près la singularité de Beckett, pour la bonne raison que Deleuze, d’après moi, s’est toujours laissé inspirer par la fiction de quelques écrivains, dont – et surtout – Beckett. On peut ainsi articuler quelques concepts clé communs aux deux œuvres, fondements d’un « système ontologique » fort similaire chez l’un et l’autre, d’une grande puissance créatrice : entre autre le procédé de « minoration » et ses retombées sur la « crise de la représentation » ainsi que sur la position du sujet. En ce qui concerne les media visuels, le travail de Deleuze sur le cinéma et le concept d’« image-temps », opposée à l’ « image-mouvement », éclairent les paradoxes du temps et de l’espace qui soutiennent toute l’esthétique de Beckett et la pensée du philosophe. En guise de conclusion, ces quelques réflexions peuvent offrir un biais intéressant à une problématique plus vaste, celle des rapports complexes entre philosophie et littérature (chez Beckett, rapports ambigus de mépris et d’attirance) et de la génération d’idées philosophiques par les moyens propres aux arts et à la fiction.



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