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ABSTRACTS

Nadia Kamel (University of Minia, Egypt)
Voix et Silence dans l’œuvre de Beckett

    Il serait intéressant de distinguer trois étapes dans les ouvrages de Beckett : dans ses premiers ouvrages, le personnage parle, il semble noyé un déluge de mots, toutefois il contrôle ce qu’il dit, réfléchit, écoute, s’arrête, se reprend, rectifie.

    Dans les ouvrages suivants nous remarquons qu’ayant recouvert son autonomie, la voix éclate, se détache du personnage qui ne la domine plus. Le personnage disparaît derrière sa voix .Les mots se suivent, s’appellent, l’ordre des idées n’est plus regle par un auteur omniscient, mais tout semble s’organiser autour d’une conscience qui se dédouble. Dans les derniers ouvrages de S.Beckett, la voix hoquetante de la loque humaine s’est tue. Le dialogue s’est arrêté, on n’entend plus qu’un grésillement et un bruit d’ailes. Il n’y a plus de voix humaine, seuls les sons se font entendre dans un monde blanc vide.

    Un lourd silence pèse sur l’œuvre beckettienne ; à chaque moment le silence menace la parole .Les textes de S.Beckett nous semblent être le fruit d’une lutte constante entre la parole qui se veut interminable et le silence qui la coupe à tous moments

    Il y a dans mes ouvrages –nous dit Beckett- deux démons, l’un du silence, et l’autre de la parole celui de la parole l’emporte; mais il y a une lutte entre les deux.

    Il nous semble que c’est le silence qui règne dans la vision beckettienne, il apparaît alors comme l’état originel vers lequel tend l’homme.

    Le silence est ce vers quoi tend l’œuvre de Beckett. Quel genre de silence ? Puisque écrire c’est représenter, comment représenter le silence avec des mots ?

    En peinture, ceci peut paraître possible, le peintre peut représenter un tableau silencieux en le recouvrant de blanc.
L’écrivain par contre ne peut laisser la page blanche, il est captif des mots.

L’œuvre de Beckett s’achemine vers une sorte d’ascétisme et de sobriété, ses derniers ouvrages sont frappés par le signe du silence.



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