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ABSTRACTS

Mireille Bousquet (University of Paris VIII)
Pour une poétique de l’épuisement : l’oeuvre bilingue de Samuel Beckett

Il s’agit d’examiner la pertinence du terme « épuisement » pour la poétique de Samuel Beckett. A partir de l’analyse de « L’épuisé » de Gilles Deleuze, je souhaite réfléchir aux enjeux théoriques et méthodologiques que la mise en jeu d’un rapport critique entre la philosophie, la littérature et la question du langage pourrait dégager pour les études littéraires. Par exemple, la possibilité de travailler ensemble dans un rapport critique des disciplines traditionnellement séparées comme la littérature et la philosophie, mais aussi la possibilité de remise en cause d’une conception dualiste de l’art et de la vie, autrement dit de la séparation platonicienne du monde et du langage, ainsi que d’une conception psychologique et identitaire du sujet. Le terme épuisement (action d’épuiser, état de ce qui est épuisé) fait travailler dans un rapport de tension ambivalente l’exhaustivité avec le vide, mais aussi la fatigue, replaçant le corps au centre de la problématique, comme l’a bien vu Deleuze, et permet ainsi de restituer quelque chose de la contradiction, de l’indécision permanente dans l’œuvre de Beckett, de cette ambiguïté qui la place du côté de l’indécidable. A travers la visée critique de cette remise en cause d’une conception négative du langage, comme deuil de la chose, souvent liée à une pensée de la désubjectivation, il s’agit de reconsidérer certains aspects des théories sur l’art, le langage et la littérature produites au cours du XXe siècle. La question du bilinguisme de l’œuvre de Beckett y prend toute sa force de levier critique car poser le problème de la traduction, c’est poser une théorie du langage insépa! rable d’une théorie de l’énonciation et du « discours » au sens de Emile Benveniste. Ceci conduit, par exemple, à envisager de manière radicalement différente la question de la perte de l’origine et de l’original dans l’oeuvre. L’épuisement, envisagé non du côté négatif de la fin, mais dans la richesse d’une possibilité de sens jamais arrêtée, dans l’infinité de la signifiance, révèle la valeur de l’œuvre comme indécidable.



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