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ABSTRACTS

Caroline Garand (Université d’Ottawa)
Exorcismes d’une figure de la Révolution : Trois portraits du Marquis de Sade

 
“Mais est-ce que ce n’est pas justement là-dessus, sur cette seule image de la cruauté érotique, que s’est édifié le mal-entendu, le non-entendu, envers Sade, le sens rétréci qu’on donne à son oeuvre et du même coup, le fait qu’on ne le lise pas vraiment.” (Jean-Pierre Ronfard, Matines. Sade au petit déjeuner)

Qui est Sade ? Entre le monstre renié par sa propre famille et le génie incompris chanté par les surréalistes, il y a l’homme paradoxal dont les créateurs tout autant que les commentateurs ont tenté, surtout depuis le début du XXe siècle, de donner une image réconciliant corps et pensée, l’une ne pouvant s’articuler autrement que dans les excès de l’autre. Du côté de la création, c’est surtout dans la dramaturgie que Sade a connu une certaine prospérité en tant que personnage, et ce, non seulement par le biais de la plume de ses compatriotes, mais aussi chez les Allemands (Peter Weiss), chez les Américains (Doug Wright), chez les Japonais (Yukio Mishima). Au-delà de l’odeur de soufre que suppose toute convocation du Divin Marquis dans l’oeuvre littéraire, il y a la fascination excercée par son besoin de provocation, cette soif de vivre et d’écrire dans une opposition constante à ses contemporains et qui lui fera écrire, dans une lettre à son épouse : “Ce n’est pas ma façon de penser qui a fait mon malheur, c’est celle des autres”. Mais là où Sade devient le plus trouble, c’est dans son rapport à la Révolution française et c’est précisément ce rapport ambigu que la communication proposée se donnera pour objet d’étude à travers les oeuvres de trois dramaturges français.

Ainsi, seront explorés les portraits contradictoires traçés par trois Français puisant, dans leur propre histoire, une matière qui, tout en étant éminemment malléable, conserve, quoi qu’on en fasse, l’aura de la vérité. Pour Charles Méré, l’un des auteurs réguliers du Théâtre du Grand Guignol du début du XXe siècle, cette vérité a l’avantage de dépasser la fiction et le mythe sadien, celui d’assurer des frissons à un auditoire assoiffé d’effets sanglants. Sous la plume de Méré, Sade s’incarne comme un monstre de cruauté et un opportuniste se réclamant hypocritement de son amitié avec Marat. Pour Jean-Pierre Ronfard, artisan d’un théâtre dit expérimental de la fin du XXe siècle, Sade représente la double possibilité de construire un espace discursif ludique par sa dimension érotique et d’adjoindre à cette légèreté un début de réflexion philosophique et politique qui garantit l’oeuvre contre les accusations de gratuité. Enfin, pour Enzo Cormann, dramaturge actuel explorant l’inconscient pour atteindre le réel, Sade devient le lieu d’un affrontement intime dans lequel s’opposent aspirations personnelles et besoins de reconnaissance sociale, mais aussi passé, présent et futur par la démultiplication du personnage à différentes époques de sa vie. Source de honte, de fierté ou de questionnement, la mémoire du Marquis de Sade dans l’histoire française semble demeurer l’objet, après avoir été le sujet, d’un exorcisme nécessaire, ce qui fera dire à l’essayiste Pierre Klossowski, dans Sade mon prochain : “Sade fit de la criminalité virtuelle de ses contemporains son destin personnel, il voulut l’expier à lui seul à proportion de la culpabilité collective que sa conscience avait investie”.



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