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ABSTRACTS

Kristine Aurbakken (Drew University)
Passé commun: mémoires plurielles, mémoires croisées : Un imaginaire national en construction

Côté nord de la Méditerranée, guerre d’Algérie; côté sud, guerre de Libération nationales: - au même passé répond un déferlement de mémoires croisées, mémoires plurielles. Une dynamique à la fois transnationale et nationale anime deux histoires nationales se (re) construisant à coups heurtés de mémoires et de contre-mémoires.

Si, dans la France d’aujourd’hui, le débat sur l’intégration semble avoir été relégué dans les coulisses de l’espace publique, c’est que la question s’est tout simplement déplacée vers cet unique travail de mémoire tout à la fois contradictoire et pluriel. Se déployant tant dans la société civile que dans les instances officielles du discours politique, ce devoir de mémoire se confond avec des pratiques identitaires souvent inédites. Menées tant au niveau du local que du national, elles donnent lieu à de multiples expressions issues de champs discursifs les plus divers, expressions qui sont autant de représentations susceptibles de participer à l’élaboration d’un nouvel imaginaire national.

Le 10 juin 1999, soit près de 40 ans après la proclamation de l’indépendance de l’Algérie, l’Assemblée nationale française reconnaît enfin qu’il y a bien eu une guerre d’Algérie et non pas simplement des “opérations de la paix”. Le 22 janvier 2002, elle adopte la proposition de loi visant à faire du 19 mars une “journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc”. Si cette proposition de loi n’a pas été éxaminée par le Sénat, elle constitue néanmoins un jalon-repère dans le long cheminement vers l’introduction de la guerre d’Algérie dans l’histoire de tous les Français qu’ils soient nés ici ou venus des confinements de l’empire pour reprendre la formule de la sociologue, Nacira Guénif-Souilamas. L’histore, Benjamin Stora, parlera, lui, de la “la nécessaire construction d’une mémoire nationale à la fois plurielle et unifiée, où douleurs et souvenirs sont partagés”. Le 5 décembre 2002, Jacques Chirac inaugure un Mémoriel National à la mémoire des soldats français morts in Algérie, au Maroc, et en Tunisie de 1952 à 1962 en prononçant ces mots: (…) 40 ans après la fin de la Guerre d’Algérie … notre République doit assumer pleinement son devoir de mémoire. Propos insuffisants, selon Stora, car il fallait qu’il reconnaisse aussi qu’il y avait des victimes algériennes. Travail de reconstruction mémorielle qui avance donc à coups alternés de mémoires/contre-mémoires.

Dans un temps, mon intervention se propose de procéder à un état des lieux de ces cultures de mémoires, puis, à partir d’une sélection de mises en représentations, j’aimerais tenter de dessiner les contours de cet imaginaire national en cours d’élaboration, une réflexion qui de toute évidence s’inspirera en partie de l’étude de Benedict Andersonen, “L’imaginaire national”.



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